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Frank
13 Watchers8.3K Page Views121 Deviations

Le cordonnier

L

Le cordonnier

Un va-nus-pieds. C'était probablement le mot qui le décrivait le mieux.  Toute sa vie, il avait marché les pieds nus, dans l'herbe fraîche, sur le macadam brûlant ou sur des tessons inattendus.  Les avantages que lui procuraient ses pieds nus dépassaient largement les inconvénients.  Pourtant, tout le monde préférait porter des chaussures.  Cette envie leur vint tous, comme un raz-de-marée, autour de l'adolescence.  Il ne s'en formalisa pas : lui, ça ne l'intéressait pas et il ne sentait pas le besoin d'être comme les autres pour
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Les arbres

L

Les arbres

Ils sont grands, ils sont bons, les citadins Ils sont brillants, frôlent le ciel arrogant Ils s'élèvent dans leurs mythes urbains Ils s'écroulent sur leurs haubans Ils sont verts, ils sont écolos Ils sont unis et beaux, si fiers! Ah! Comme ils sont faux! Non! Ils sont laids et austères Les voilà petits, tordus, moroses, Desséchés, tachés en brun et noir, Symptômes de leur propre nécrose Ils accumulent la neige tel un parfum de mort Ils s'abattent à coup de moral grisonnant Donnent des coups de hache perfides À même leurs plus proches parents Leur terre c
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Un autre poeme d'amour

U

Un autre poeme d'amour

J'aimerais que tu m'écrives le plus long roman Sans le moindre mot, Qu'avec tes lettres Je voudrais que tu me chantes le plus bel hymne Sans le moindre son, Qu'avec tes silences Il me faudrait que tu peignes le plus beau monde Sans le moindre trait, Qu'avec tes couleurs J'aimerais que tu me joue la plus grande pièce Sans la moindre scène, Qu'avec tes gestes Je voudrais que tu me racontes l'histoire Sans la moindre guerre, Qu'avec tes victoires Il me faudrait que tu me narres la vie Sans la moindre date, Qu'avec ton souffle J'aimerais que tu oublies le temps Sans le moindre regret, Qu'avec tes souvenirs Je

La saison des peurs

L

La saison des peurs

Comme si une pluie invisible les dorait, Ils se colorent du faîte au fond, Tranquillement, sans oublier la moindre nuance Jusqu'à ce qu'ils s'étiolent comme des rêves Devenus trop lourds de leur richesse. Prisonniers de cette fontaine iridescente, Chaque songe nous tombe alors sur la tête Comme un baiser aux couleurs du petit matin. La chute infinie s'éteint et s'assèche Il tombe, partout, des diamants concassés Qui s'entassent, assènent les paroles embuées Les taches adamantines semblent rire et se moquer De la pesanteur qu'elles ne connaissent pas.

Le miroir opaque

L

Le miroir opaque

J'observe mon reflet fuyant Sur la vitre souterraine Ma bouche a perdu de son ressort J'ai l'air las, le visage fade, sans éclat Je vois, tout autour, les mêmes fantômes L'air morose, accablé. Tous s'agitent simultanément, Suivent les mouvements qu'impose Le compartiment, en chef d'orchestre. Derrière la vitre, tout est noir Parfois, une rainure, une lueur sombre Fend l'obscurité. Tout est silence, Ça y est, je dois être mort. Je suis mort Et tous, nous c'est en enfer Que nous allons.

Le produit sur la pompe

L

Le produit sur la pompe

Sur la pompe Pa Ram Pam Pam Pam Petit produit s'en va Pa Ram Pam Pam Pam Il sent sa masse qui sèche Pa Ram Pam Pam Pam Au rythme de ses pales ! Pa Ram Pam Pam Pam Ram Pam Pam Pam Ram Pam Pam Pam Ô ! petit produit Pa Ram Pam Pam Pam Qui es-tu ? Hier, j'étais encore Pa Ram Pam Pam Pam Un produit de départ Pa Ram Pam Pam Pam Aujourd'hui je suis drogue Pa Ram Pam Pam Pam Ram Pam Pam Pam Ram Pam Pam Pam Là, je veux guérir jour après jour Les malades Tous les vials Pa Ram Pam Pam Pam Ont pris leurs beaux produits Pa Ram Pam Pam Pam Et ont dit à la drogue Pa Ram Pam Pam Pam Tu n'es

Mil Sept Cent Cinquante-Cinq

M

Mil Sept Cent Cinquante-Cinq

En ce matin de septembre Les hommes de sang vous jetèrent dehors Les hommes de feu envahirent vos maisons Vous qui n'aviez conservé de cieux traîtres Qu'une trace d'azur sous la langue Ils vous ont empilés dans les cales Comme votre propre gagne-pain Et vous ont éparpillés aveuglément Sur les côtés de leur langue fourbe Donnant naissance à tant d'orphelins Causant tant de veuvages de cœur Dans vos nouveaux abris piégés Vous avez tenté de tout refaire D'étendre vos racines jusqu'aux mers D'azurer un peu les treize étoiles Pour voir que le cinabre plu
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Le Parapluie

L

Le Parapluie

Chaque fois où j'allais chez toi Chaque fois, il était là Posé contre le coin de l'escalier Sous ton tableau préféré Son oeil de canard Nous lançait de fins regards Au-dessus du tissu marine Constellé d'étoiles taquines Chaque jour pluvieux, je te croisais ; Tes cheveux mouillés s'égouttaient Sur tes épaules détrempées Et tu riais à mon air hébété Sans m'expliquer ni me dire Pourquoi tu refusais de recouvrir Ton aura contre le mauvais temps ; De protéger ton sourire éclatant Un jour, j'ai osé te demander Pourquoi il r
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Le cactus

L

Le cactus

Le cactus, épineux végétal Sous le soleil qui plane et qui luit ; Au milieu du sable qui s'étale Encore il éclot et porte fruits Écorce d'un vert maladif Sous les pointes pâles de mort Écorce rugueuse de l'if Qui s'étend entre les aiguilles d'or Sec arbrisseau à la fleur solitaire ; Laide, semblant constamment fanée Tu règnes sur un univers désert : Souverain esseulé et damné Mais ta chair ; Oh! ta chair Tendre, sucrée et juteuse Donne au voyageur amer Une gorgée d'espérance miraculeuse
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Le cordonnier

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Un va-nus-pieds. C'était probablement le mot qui le décrivait le mieux.  Toute sa vie, il avait marché les pieds nus, dans l'herbe fraîche, sur le macadam brûlant ou sur des tessons inattendus.  Les avantages que lui procuraient ses pieds nus dépassaient largement les inconvénients.  Pourtant, tout le monde préférait porter des chaussures.  Cette envie leur vint tous, comme un raz-de-marée, autour de l'adolescence.  Il ne s'en formalisa pas : lui, ça ne l'intéressait pas et il ne sentait pas le besoin d'être comme les autres pour
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Les arbres

Ils sont grands, ils sont bons, les citadins Ils sont brillants, frôlent le ciel arrogant Ils s'élèvent dans leurs mythes urbains Ils s'écroulent sur leurs haubans Ils sont verts, ils sont écolos Ils sont unis et beaux, si fiers! Ah! Comme ils sont faux! Non! Ils sont laids et austères Les voilà petits, tordus, moroses, Desséchés, tachés en brun et noir, Symptômes de leur propre nécrose Ils accumulent la neige tel un parfum de mort Ils s'abattent à coup de moral grisonnant Donnent des coups de hache perfides À même leurs plus proches parents Leur terre c
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Un autre poeme d'amour

J'aimerais que tu m'écrives le plus long roman Sans le moindre mot, Qu'avec tes lettres Je voudrais que tu me chantes le plus bel hymne Sans le moindre son, Qu'avec tes silences Il me faudrait que tu peignes le plus beau monde Sans le moindre trait, Qu'avec tes couleurs J'aimerais que tu me joue la plus grande pièce Sans la moindre scène, Qu'avec tes gestes Je voudrais que tu me racontes l'histoire Sans la moindre guerre, Qu'avec tes victoires Il me faudrait que tu me narres la vie Sans la moindre date, Qu'avec ton souffle J'aimerais que tu oublies le temps Sans le moindre regret, Qu'avec tes souvenirs Je

La saison des peurs

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La saison des peurs

Comme si une pluie invisible les dorait, Ils se colorent du faîte au fond, Tranquillement, sans oublier la moindre nuance Jusqu'à ce qu'ils s'étiolent comme des rêves Devenus trop lourds de leur richesse. Prisonniers de cette fontaine iridescente, Chaque songe nous tombe alors sur la tête Comme un baiser aux couleurs du petit matin. La chute infinie s'éteint et s'assèche Il tombe, partout, des diamants concassés Qui s'entassent, assènent les paroles embuées Les taches adamantines semblent rire et se moquer De la pesanteur qu'elles ne connaissent pas.

Le miroir opaque

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Le miroir opaque

J'observe mon reflet fuyant Sur la vitre souterraine Ma bouche a perdu de son ressort J'ai l'air las, le visage fade, sans éclat Je vois, tout autour, les mêmes fantômes L'air morose, accablé. Tous s'agitent simultanément, Suivent les mouvements qu'impose Le compartiment, en chef d'orchestre. Derrière la vitre, tout est noir Parfois, une rainure, une lueur sombre Fend l'obscurité. Tout est silence, Ça y est, je dois être mort. Je suis mort Et tous, nous c'est en enfer Que nous allons.

Le produit sur la pompe

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Le produit sur la pompe

Sur la pompe Pa Ram Pam Pam Pam Petit produit s'en va Pa Ram Pam Pam Pam Il sent sa masse qui sèche Pa Ram Pam Pam Pam Au rythme de ses pales ! Pa Ram Pam Pam Pam Ram Pam Pam Pam Ram Pam Pam Pam Ô ! petit produit Pa Ram Pam Pam Pam Qui es-tu ? Hier, j'étais encore Pa Ram Pam Pam Pam Un produit de départ Pa Ram Pam Pam Pam Aujourd'hui je suis drogue Pa Ram Pam Pam Pam Ram Pam Pam Pam Ram Pam Pam Pam Là, je veux guérir jour après jour Les malades Tous les vials Pa Ram Pam Pam Pam Ont pris leurs beaux produits Pa Ram Pam Pam Pam Et ont dit à la drogue Pa Ram Pam Pam Pam Tu n'es

Mil Sept Cent Cinquante-Cinq

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Mil Sept Cent Cinquante-Cinq

En ce matin de septembre Les hommes de sang vous jetèrent dehors Les hommes de feu envahirent vos maisons Vous qui n'aviez conservé de cieux traîtres Qu'une trace d'azur sous la langue Ils vous ont empilés dans les cales Comme votre propre gagne-pain Et vous ont éparpillés aveuglément Sur les côtés de leur langue fourbe Donnant naissance à tant d'orphelins Causant tant de veuvages de cœur Dans vos nouveaux abris piégés Vous avez tenté de tout refaire D'étendre vos racines jusqu'aux mers D'azurer un peu les treize étoiles Pour voir que le cinabre plu
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Le Parapluie

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Le Parapluie

Chaque fois où j'allais chez toi Chaque fois, il était là Posé contre le coin de l'escalier Sous ton tableau préféré Son oeil de canard Nous lançait de fins regards Au-dessus du tissu marine Constellé d'étoiles taquines Chaque jour pluvieux, je te croisais ; Tes cheveux mouillés s'égouttaient Sur tes épaules détrempées Et tu riais à mon air hébété Sans m'expliquer ni me dire Pourquoi tu refusais de recouvrir Ton aura contre le mauvais temps ; De protéger ton sourire éclatant Un jour, j'ai osé te demander Pourquoi il r
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Le cactus

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Le cactus

Le cactus, épineux végétal Sous le soleil qui plane et qui luit ; Au milieu du sable qui s'étale Encore il éclot et porte fruits Écorce d'un vert maladif Sous les pointes pâles de mort Écorce rugueuse de l'if Qui s'étend entre les aiguilles d'or Sec arbrisseau à la fleur solitaire ; Laide, semblant constamment fanée Tu règnes sur un univers désert : Souverain esseulé et damné Mais ta chair ; Oh! ta chair Tendre, sucrée et juteuse Donne au voyageur amer Une gorgée d'espérance miraculeuse
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Spotlight

Papivert

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  • Sep 16
  • Canada
  • Deviant for 13 years
  • He / Him
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Super Llama: Llamas are awesome! (11)
My Bio
Current Residence: Sherby via Mt-St-Greg
Favourite cartoon character: Pumbaa et l'Âne
Personal Quote: La patience est une vertue

Favourite Visual Artist
Mélu et Maude
Favourite Movies
CRASH, L'auberge Espagnole
Favourite Games
Loup-Garou ; Clue ; RISK ; etc
Other Interests
Beaucoup, surtout la chimie et la poésie, les langues et le monde... Oh! Et le vert!

Comments 90

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1. Que tu viens de la ville où j'étudie XD
2. la couleur: jpense jai pas le choix de prendre le vert XD
3. first memory? euh...j'en ai pas là XD
4. animal? Lézard XD
5. question? euh... Quel est l'année juste avant ta premiere fête? XD
6. Je sais pas XD
7. Vertuose taime tu ca ? XD
8. bin là je porte une chemise carreauté violet et noir a manche courte hehe
9. Challenge you to post this on your journal.
et merci pour le deviantwatch, Monsieur qui aime le vert. haha
SDouvilleStudent Photographer
Tiens je watche.


Alors que t'aime ou non qu'on te scrute je ne reviens pas sur mes actes
Mais faites donc, faites mon cher ;)
(merci!!)
SDouvilleStudent Photographer
Avec plaisir!

J'aime beaucoup les poèmesmais avant de dire précisément ce que j'y aime je vais attendre dans lire plus (et d'avoir accès à internet ailleurs qu'à mon travail)
SDouvilleStudent Photographer
j'ai oublié: merci pour le watch
Le favoris, le watch et les commentaires sont très appréciés : ) et je vais aller piocher les nouveautés de vot' gallerie